• Les Chiens de garde

    Paul Nizan

    L'actualité des Chiens de garde, nous aurions préféré ne pas en éprouver la robuste fraîcheur.
    Nous aurions aimé qu'un même côté de la barricade cessât de réunir penseurs de métier et bâtisseurs de ruines. Nous aurions voulu que la dissidence fût devenue à ce point contagieuse que l'invocation de Nizan au sursaut et à la résistance en parût presque inutile. Car nous continuons à vouloir un autre monde. L'entreprise nous dépasse ? Notre insuffisance épuise notre persévérance ?
    Souvenons-nous alors de ce passage par lequel Sartre a résumé l'appel aux armes de son vieux camarade : "Il peut dire aux uns : vous mourez de modestie, osez désirer, soyez insatiables, ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut.
    Et aux autres : dirigez votre rage sur ceux qui l'ont provoquée, n'essayez pas d'échapper à votre mal, cherchez ses causes et cassez-les." Serge Hamili Extrait de la préface.

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  • « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie.
    Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur à apprendre sa partie dans le monde.
    À quoi ressemblait notre monde ? Il avait l'air du chaos que les Grecs mettaient à l'origine de l'univers dans les nuées de la fabrication. Seulement on croyait y voir le commencement de la fin, de la vraie fin, et non de celle qui est le commencement d'un commencement. »

  • La conspiration

    Paul Nizan

    Comme c'est puissant et inflexible, une famille ! c'est tranquille comme un corps, comme un organe qui bouge à peine, qui respire rêveusement jusqu'au moment des périls, mais c'est plein de secrets, d ripostes latentes, d'une fureur et d'une rapidité biologiques, comme une anémone de mer au fond d'un pli de granit...

  • Elève consciencieux et intelligent, Antoine Bloyé ira loin. Aussi loin que peut aller, à force de soumission et d'acharnement, le fils d'un ouvrier et d'une femme de ménage.
    Ce n'est que parvenu au faîte de sa dérisoire ascension sociale qu'Antoine Bloyé constatera à quelles chimères il a sacrifié sa vie...
    Dans un style dont la sobriété fait toute la puissance, Antoine Bloyé constitue un portrait féroce des moeurs et des conventions de la petite bourgeoisie de la IIIe République.

  • " En somme, Essais à la troisième personne est un roman de transition entre la vie avant et après le séjour à Aden. Ainsi nombre de thématiques esquissées dans ce roman préfigurent Aden Arabie, et parfois également certains des écrits de Nizan du début des années 1930. Bien entendu, nous songeons immédiatement au "Tout menace de ruine un jeune homme" au début d'Aden Arabie. La démystification de la jeunesse, au coeur du pamphlet, est en effet en germe dans ces lignes.
    En germe, car l'évocation de la jeunesse cultivée n'y revêt pas encore la verve vigoureusement et doctement idéologique qui le caractérisera. S'y trouve aussi, avant Aden, la condamnation de l'Homo economicus, et, avant Antoine Bloyé, celle d'une vie perdue par la trahison du prolétariat au profit de la bourgeoisie. Le refus du monde bourgeois commence à s'organiser idéologiquement, avec les lectures et les références aux figures du marxisme-léninisme.
    Nizan ne les quittera plus. Essais à la troisième personne est ainsi construit de manière à montrer le parcours qui mène à la question idéologique. C'est bien ce cheminement qui compte avant tout. Plus spécifiquement, il a la forme, ici abrégée, du roman d'apprentissage, héritage moral et esthétique des Lumières. Le héros de Nizan traverse les premières étapes d'une vie qu'il s'agit de mettre à sa portée: la révélation amoureuse, la complicité de l'amitié intellectuelle, le voyage à l'étranger, qui favorise la découverte de soi, l'affirmation idéologique comme premier geste de révolte contre la France.
    Voilà ce qui compose le socle de la formation identitaire du héros de Nizan. " (extrait de la préface)

  • Les Chiens de garde est un essai de Paul Nizan paru en 1932. Il s'agit d'un essai pamphlétaire dirigé contre quelques-uns des philosophes français les plus connus de l'époque : Bergson, Émile Boutroux, Brunschvicg, Lalande, Marcel, Maritain... Pour Paul Nizan, lui-même alors jeune philosophe communiste, ces penseurs incarnent une « philosophie idéaliste », en ce sens que tous ne font qu'énoncer des vérités sur l'homme en général, et de ce fait ne tiennent aucunement compte du réel quotidien auquel chaque homme en particulier se trouve confronté : la misère matérielle, la maladie, le chômage, les guerres, etc. Pour l'auteur, qui fonde son argument en s'appuyant sur la notion marxiste de lutte des classes, ces philosophes n'ont d'autre but, au fond, que de justifier et de perpétuer les valeurs morales et socioéconomiques de la classe bourgeoise. Selon lui, leur idéalisme leur interdit toute analyse de l'exploitation de la classe prolétarienne par la bourgeoisie.

    L'actualité des Chiens de garde, nous aurions préféré ne pas en éprouver la robuste fraîcheur. Nous aurions aimé qu'un même côté de la barricade cessât de réunir penseurs de métier et bâtisseurs de ruines. Nous aurions voulu que la dissidence fût devenue à ce point contagieuse que l'invocation de Nizan au sursaut et à la résistance en parût presque inutile. Car nous continuons à vouloir un autre monde. L'entreprise nous dépasse ? Notre insuffisance épuise notre persévérance ? Souvenons-nous alors de ce passage par lequel Sartre a résumé l'appel aux armes de son vieux camarade : « Il peut dire aux uns : vous mourez de modestie, osez désirer, soyez insatiables, ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut. Et aux autres : dirigez votre rage sur ceux qui l'ont provoquée, n'essayez pas d'échapper à votre mal, cherchez ses causes et cassez-les. »

  • Un étudiant en médecine dissèque le corps de sa maîtresse, morte en son absence. Pendant l'opération, le carabin fait la cour à son assistante : "il regarda la morte. La vivante était jolie." Un texte de jeunesse de Paul Nizan (1905-1940), l'auteur futur d'Aden Arabie et des Chiens de garde. On y sent percer déjà "la personnalité amère et sombre" d'un "homme qui ne pardonne pas à sa jeunesse", selon le mot de Jean-Paul Sartre.

  • L'actualité des chiens de garde, nous aurions préféré ne pas en éprouver la robuste fraîcheur.
    Nous aurions aimé qu'un même côté de la barricade cessât de réunir penseurs de métier et bâtisseurs de ruines. nous aurions voulu que la dissidence fût devenue à ce point contagieuse que l'invocation de nizan au sursaut et à la résistance en parût presque inutile.
    Car nous continuons à vouloir un autre monde. l'entreprise nous dépasse ? notre insuffisance épuise notre persévérance ? souvenons-nous alors de ce passage par lequel sartre a résumé l'appel aux armes de son vieux camarade : " il peut dire aux uns : vous mourez de modestie, osez désirer, soyez insatiables, ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut.
    Et aux autres : dirigez votre rage sur ceux qui l'ont provoquée, n'essayez pas d'échapper à votre mal, cherchez ses causes et cassez-les. " serge halimi.

  • « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ». Ces phrases de Paul Nizan (1905-1940) ouvrant son pamphlet Aden Arabie (1931), sont demeurées célèbres. Elles marquaient à l'époque les débuts de publication d'un écrivain qui fut l'un des intellectuels les plus brillants des années trente. Pamphlétaire, romancier, essayiste, journaliste politique et critique littéraire, également préfacier, traducteur, poète, adaptateur, scénariste, il est peu de domaines où cet intellectuel et ce militant communiste ne se soit manifesté. Mais s'il fut un romancier talentueux (Antoine Bloyé, Le Cheval de Troie, La Conspiration), un pamphlétaire acide (Aden Arabie, Les Chiens de garde), son temps fut principalement occupé par son métier de journaliste, profession qu'il épousa totalement à partir de 1935. C'est ce Nizan-là à la découverte duquel ce volume nous convie.

    Nous découvrons le Nizan rédacteur politique, tâche qu'il occupe désormais dans le quotidien communiste L'Humanité. À ce titre, il va suivre nombre d'événements fondamentaux de l'époque, comme le conflit italo-éthiopien ou les élections du Frente popular en Espagne. Il continue d'exercer ses activités de critique littéraire, dans ce même périodique mais également à Monde, l'hebdomadaire d'Henri Barbusse, ou à Commune, la revue de l'Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires.
    La première quinzaine de juin, il se rend en Espagne pour l'organe du Komintern, La Correspondance Internationale. Le volume se clôt au moment du déclenchement de la guerre d'Espagne. Dans ses papiers précédents, Nizan aura eu l'intuition d'un coup d'État imminent. Et il aura vu dans le conflit italo-éthiopien le début d'une victoire des fascismes, face à laquelle les démocraties n'affirment - déjà - que leur aveuglement coupable.

    C'est un Nizan méconnu qui s'offre ici au lectorat d'aujourd'hui : le journaliste politique confronté aux événements de son époque. Si l'orthodoxie communiste habite ses articles, elle n'oblitère néanmoins pas toujours l'acuité de sa pensée.

    Cet ouvrage donne aussi à voir le déroulement d'une partie essentielle de notre Histoire, celle de l'entre-deux-guerres, et par ce fait nous permet d'éclairer, à bien des égards, notre époque.

    Édition établie par Anne Mathieu.

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