Je suis libraire, le Click&Collect n’est pas mon métier !
Pour la réouverture de nos librairies !

Nous demandons la réouverture des librairies et de tous les commerces indépendants, lesquels se sont montrés particulièrement vertueux quant à l’application des mesures de précautions sanitaires.

Nous demandons à être traités comme toutes les enseignes aujourd’hui ouvertes : à être autorisés à accueillir nos clients, en étant soumis à une jauge qui limite l’affluence.  

Dans l’urgence, puisque c’est désormais ainsi que nous semblons être gouvernés, nous mettons en place le Click & Collect, pour le retrait des commandes.

C’est cependant une mesure temporaire : accepter de manière exclusive et indéfinie, le Click & Collect, c’est en réalité accepter l’amazonisation de notre métier, l’amazonisation de nos échanges, de nos relations sociales et de nos pratiques d’achats, pour des motifs que nous jugeons totalement illégitimes, fondés sur des critères incohérents. Il suffit d’accueillir peu de monde en même temps en librairie pour se prémunir de la circulation du virus.     

Ce n’est pourtant pas compliqué à comprendre : Nous avons besoin de notre lieu, de notre outil, de notre librairie pour faire notre travail (sinon on ne s’embêterait pas à louer des boutiques en centre-ville… On aurait un grand entrepôt et des serveurs !). Cela n’a aucun sens pour nous d’y renoncer, aucun sens de pratiquer de la vente en ligne pour survivre chaque fois qu’un nouveau confinement est décrété.

Vous êtes lectrices et lecteurs et non des e-acheteurs ou e-consommateurs de livres. Nous sommes libraires et non des manutentionnaires du numérique. Nous ne nous destinons pas à envoyer des mails à la chaîne, à ne gérer que des stocks, à traiter des lignes de commandes, tombant et s’accumulant dans un logiciel qui fonctionne plus vite que la musique.   

 

Notre site internet est un outil qui rend service et qui doit continuer de le faire. Nous l’utiliserons donc exclusivement pendant ces 15 jours de confinement, dont nous comprenons l’importance. Cependant, nous refusons qu’il demeure notre unique outil de travail, et le seul lien avec les usagers de la librairie, au-delà de cette date.   

En s’entêtant à promouvoir et encourager, par ses décisions successives, l’e-shopping, par suite les plateformes qui le dominent, le gouvernement organise notre disparition, celle de nos métiers, de nos commerces et librairies, et de nos centres-villes. 

Nous espérons qu’à l’issue des débats et des démarches que mènent les représentants de notre profession, la fermeture administrative sera levée. Nous reconsidérerons donc les choses à la mi-novembre.

Militons pour la réouverture des librairies et des petits commerces, signons les pétitions qui circulent à cet effet.

Cherbourg, le 02/11/2020, 

Anne-Laure & Géraldine

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